Aucun classement ne sera fait, aucune médaille ou autre souvenir ne sont remis.
Le CVSA n’établit aucune attestation ni certificat de participation.
Une bonne condition physique, une forte résistance accompagnée d’une volonté sans faille sont les éléments de réussite.
Le CVSA tient absolument à garder au « Tour de la Vallée », un caractère de convivialité et de franche camaraderie.
Le tour de la vallée de la Thur, c'est quoi ?
Une marche pas comme les autres
Il s'agit de faire le tour de la vallée de la Thur en empruntant les magnifiques sentiers des crêtes. Cela représente suivant le lieu de départ, entre 90 et 95 km avec plus de 3300 m de dénivelé positif le tout en 24 heures. Tous les cinq ans le tour est en réalité une boucle en 8 avec une descente et une remontée supplémentaires dans la vallée et alors ce sont plus de 100 km avec près de 4000 m de dénivelé. Ce tour est en général qualifié d'impressionnant, d'énorme, voire d'impossible, il faut être vraiment téméraire pour se lancer. Voilà les commentaires que l'on entend ici et là sur cette marche qui pourtant rassemble de plus en plus de monde attiré par ce défi.
La situation géographique.
La vallée de la Thur qui est la plus longue des Vosges, est dominée par deux des principales chaînes vosgiennes. Elle commence à Thann et se termine par trois fonds de vallée dont le passage vers la Lorraine se fait par trois cols, les cols de Bussang, d'Oderen et du Bramont. Cette vallée était déjà utilisée comme route vers les Vosges par les Romains et du côté de Malmerspach et d'Urbès on trouve encore les vestiges d'une voie romaine qui porte les traces des roues des chariots de transport des marchandises.
L'histoire de cette marche
Tout a commencé en 1965 avec un groupe de copains sous l'initiative de Jean Jacques, l'actuel président de la section thannoise du club vosgien, tous très jeunes et amoureux de la nature et de la marche, avaient prévus de faire une marche nocturne qui devait les conduire au Col de Bussang à partir de Thann. André, Michel et Roland avec Jean-Jacques se sont élancés le 15 mai à 18 h 45 pour arriver au col de Bussang vers 4 h du matin, non sans avoir dormi en cours de route. Certains se sont arrêtés, mais Jean-Jacques a continué et est arrivé à Thann dimanche soir vers 19 h. En 1967, 1969, et 1970 d'autres marcheurs se sont joints au groupe tels que, Werner, Jean Marc, Pierrot, Michael, ainsi qu'Albert et Raymond, membres du club vosgien de la vallée de Saint -Amarin. En 1972, 20 marcheurs prennent le départ, 20 seront à l'arrivée. Une autre année, Christiane et Jacqueline deux sœurs accompagnent Raymond pour un tour à trois. Petit à petit, à l'initiative de ceux-ci, Freddy, André et bien d'autres tentèrent de relever ce défi le tout dans un esprit de camaraderie et sans autre ambition que de passer des bons moments ensemble et quand la météo était mauvaise, ils redescendaient dans la vallée pour reprendre le chemin la semaine suivante.
La marche par le Club Vosgien Vallée de Saint -Amarin
C'est en 1976 que le club vosgien a repris cette idée et a décidé d'en faire une manifestation annuelle et ce sont 29 marcheurs qui s'élancèrent avec la volonté de « terminer ». Petit à petit, le bouche à oreille a fait que de plus en plus de marcheurs vinrent se joindre aux anciens et quelques années plus tard ils furent si nombreux que le club a dû mettre en place une assistance avec ravitaillement et le rapatriement de ceux qui abandonnent. Lucie et Maurice ont été les pionniers dans ce domaine.
Aujourd'hui c'est Serge et son épouse Gisèle, avec toute une équipe qui gèrent cette partie importante de l'organisation. L'esprit de cette marche est tout à fait particulier, car il n'y a pas de palmarès, de médaille, pas de coupe ni de balisage spécial, seul le balisage des sentiers est utilisé et chacun peut marcher à son rythme et même courir s'il le souhaite, mais ce n'est pas une marche populaire non plus, mais une marche sportive. Et nous tenons vraiment à ce qu'elle le reste. Cette marche est devenue célèbre dans l'est de la France et cette année des participants sont non seulement venus de Paris, Nantes, Lyon, mais aussi du Luxembourg et de Belgique. Globalement ce qui paraît impossible à faire a pourtant été réussi par plus de 40 % des 3081 participants en 32 éditions. Il faut relever le nombre croissant de femmes qui y participent avec un taux de réussite plus élevé que chez les hommes. Roger Gully, le père spirituel et organisateur de cette marche jusqu' en 2000, en est à 27 participations, un record. C'est Raymond qui a pris sa succession jusqu'en 2005 et moi-même depuis cette date.
Bien sûr, de nombreuses anecdotes restent gravées dans les mémoires et pour moi en particulier lors de mon premier tour en 1990, il pleuvait des cordes et Freddy pour remonter le moral de la troupe a chanté pratiquement toute la nuit. Une autre fois, lors du repas du soir à la ferme du Felzach, quelques anciens ont même dansé au son des accordéons, alors qu'ils avaient déjà plus de 40 km dans les jambes. Combien d'anciens ont été remerciés par les jeunes de les avoir boostés et tirés pendant les dernières heures de la marche et de les avoir amenés à l'arrivée. Une année, Roger a arrêté au chalet Edelweiss, est redescendu dans la vallée pour remonter avec sa voiture malgré le sommeil qui le guettait, afin de rapatrier quelques marcheurs. Certains, pris par l'effort, se sont retrouvés à plusieurs kilomètres du parcours prévu et ont ainsi rallongé la marche, comme si elle n'était pas assez longue.
Quelquefois, comme en 2007, la date du tour coïncide avec celle de la crémation des feux de la Saint Jean. Spectacle magnifique que de voir brûler les nombreux bûchers érigés par les conscrits de chaque village. Germaine, une des habituées, a interrompu le tour pour aller voir le bûcher où son petit fils avait travaillé et est revenue finir son tour au petit matin. Combien ont dit que plus jamais ils ne reviendront et pourtant l'année suivante on revoit ces mêmes personnes au départ à cause de cette ambiance particulière et chaleureuse. Lors de l'arrivée du tour, en 1972, Christiane terminait son compte rendu par ces mots : "Le tour de la vallée à son caractère unique, ne pourrait-il pas en effet devenir une tradition ?"
Bernard Herrgott