Joseph Peter, nouveau président du Club Vosgien Haut-Rhin

Engagé de longue date au sein du Club Vosgien de la vallée de Saint-Amarin qu’il préside depuis 2019, Joseph Peter, après avoir occupé les fonctions de délégué à l’environnement au sein de l’instance qui chapeaute les 29 associations du Haut-Rhin, vient d’en prendre la tête.

Joseph Peter dans les locaux du Club Vosgien de la vallée de Saint-Amarin auquel il a adhéré il y a bientôt 20 ans.  Photo DNA /Frédéric STENGER

Entre Joseph Peter et le Club Vosgien c’est une vieille histoire : « Tout gamin déjà je marchais dans les Vosges en famille, avec mes parents et mes grands-parents qui étaient membres de l’association de Saint-Amarin, explique-t-il. Autour de la quarantaine, j’ai eu envie de m’y investir de façon plus concrète. » Et le bénévole de poursuivre : « Ce qui m’a plu au Club Vosgien, c’est la notion d’utilité publique, notamment à travers l’entretien des sentiers. Suite à ma demande d’adhésion, j’ai été accueilli avec beaucoup de bienveillance par Claude Herrgott qui venait alors de prendre la présidence de l’association. Je me suis tout de suite senti à l’aise. »

Envie de faire et de servir

PUBLICITÉ

Et Joseph Peter n’a pas tardé à être mis dans le bain : « C’était à la fin de l’année 1999, juste après la tempête Lothar, se souvient-il. Lors d’une journée de travail, comme je suis élagueur-grimpeur de formation (*), le président a vite remarqué que je savais manier la tronçonneuse et il m’a mis le grappin dessus. J’ai intégré le comité le printemps suivant… »

Animé par cette envie de faire et de servir, Joseph Peter endosse, à partir de 2004, les responsabilités d’inspecteur des sentiers : «  L’inspecteur des sentiers est celui qui anime les équipes lors des journées de travail. Il peut s’agir de faire du défrichage, de procéder au dégagement d’un point de vue, de mettre en sécurité un passage, mais aussi bien de la construction d’une passerelle ou de la reprise d’un tracé… Il est également en charge de la supervision du balisage. » Une fonction qu’il va assumer jusqu’en 2018.

Après en avoir été longtemps le vice-président, c’est en février 2019 que Joseph Peter succède à Marie-Thérèse Bourgeois à la tête d u Club Vosgien de la vallée de Saint-Amarin (CVSA). « Avec 1 300 membres, le CVSA est l’association du Club Vosgien la plus importante du département. Fondée en 1883, elle a en charge l’entretien et le balisage de 312 kilomètres d’itinéraires pédestres », précise le président. « Sa vocation est, comme pour tout Club Vosgien, de permettre au plus grand nombre de profiter de la nature, la nature qui est tout sauf un terrain de jeu, mais un lieu de rencontres avec les acteurs d’un territoire, mais aussi de découvertes de la faune et de la flore. »

« Il faut cesser d’opposer les pratiques »

Désireux de pousser plus loin encore son engagement, Joseph Peter a durant plusieurs années assumé la fonction de délégué «  environnement » au sein de l’association départementale du Club Vosgien (ADCV) du Haut-Rhin, « activité qui m’a permis de mieux connaître le territoire », confesse-t-il. À ce poste, il a travaillé une dizaine d’années aux côtés de Jean Klinkert, président historique de l’ADCV du Haut-Rhin. « En bonne intelligence, en toute confiance et en parfaite complémentarité », précise-t-il. Alors, lorsqu’il lui a demandé de lui succéder, Joseph Peter a accepté la proposition. Retardée par le confinement, l’accession à la présidence a finalement eu lieu le 9 octobre à Uffholtz.

« J’ai confiance en l’avenir, promet le bientôt sexagénaire, au cours de ce mandat de trois ans, je veux mobiliser les 29 associations locales que je vais rencontrer les unes après les autres pour connaître leurs attentes, identifier les difficultés rencontrées et me mettre à leur service en apportant mon aide et mon expertise. »

Joseph Peter travaillera aussi à initier et à développer un projet où piéton et cycliste pourront cohabiter en montagne : « Il faut cesser d’opposer les pratiques et, par la rencontre, l’écoute et la concertation, trouver des solutions techniques afin que cessent définitivement ces conflits d’usage », conclut-il, la voix pleine d’optimisme et de conviction.

(*) Joseph Peter a suivi une formation forestière sur le campus de Mirecourt (Vosges) qu’il a complétée avec une formation de paysagiste avant de fonder son entreprise, Élagage et paysage du Haut-Rhin, laquelle emploie aujourd’hui 25 personnes et dont il est, depuis 2017, resté le directeur et conseiller technique après avoir cédé ses parts à plusieurs de ses salariés.

Carnet de route

Voici en quelques points le programme présenté par Joseph Peter lors de l’assemblée générale de l’association départementale du Club Vosgien du Haut-Rhin. Mettre en exergue le travail bénévole des associations locales pour le balisage et l’entretien du réseau de sentiers pédestres. Renforcer les moyens liés à la numérisation en faisant évoluer et en modernisant les procédures de création et de modification des itinéraires en supprimant progressivement les versions papier au profit du numérique. Améliorer la lisibilité des actions d’utilité publique des associations locales. Valoriser les échanges internationaux avec la Suisse et l’Allemagne. Mettre en exergue la marche avec ses effets bénéfiques sur la santé physique et psychique. « Le confinement a provoqué un besoin de retrouver le contact avec la nature auprès d’une nouvelle population de citadins pour laquelle le principe du DRC – direction, rappel, confirmation – qu’implique le balisage est extrêmement important et sécurisant. »

En chiffres

L’association départementale du Club Vosgien (ADCV) du Haut-Rhin, ce ne sont pas moins de 9 700 membres répartis dans 29 associations locales allant de Lucelle à l’extrême sud du département jusqu’à Sainte-Marie-aux-Mines en passant par Mulhouse, Colmar ou bien encore Masevaux. Quelque 5 375 kilomètres de sentiers sont entretenus et balisés par les bénévoles. En 2019, cela représentait 21 352 heures de travail pour un budget de dépenses d’entretien s’élevant à 80 000 euros. Le Club Vosgien du Haut-Rhin a également en charge l’entretien et la gestion de 19 abris et refuges. Enfin, il compte dans ses rangs 267 baliseurs formés.

Par Frédéric STENGER « Journal l’Alsace »

Voir la vidéo