L’hiver approche, nos petits amis à plumes commencent à crier famine.

Pensez à les aider en mettant à leur disposition graines et boules de graisses.

Un autre spécimen de ces compagnons : le gros bec casse noyaux (Coccothraustes coccothraustes)

    

S’il est bien présent un peu partout dans nos forêts reste cependant très discret et plutôt difficile à apercevoir.
Un des meilleurs moyens de croiser son vol reste la mangeoire.

Le lieu de ravitaillement du jour est un peu particulier puisqu’il s’agit de ce que les photographes appellent communément une « drink station ». Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un grand bac de rétention d’eau d’une dizaine de cm de profond, de 1,20 m de large sur 4 m de long. Toute cette installation est située à un mètre du sol sur une solide armature et l »affût photo qui se situe au bout de ce « bassin » permet de photographier les oiseaux au ras de l’eau. L’idée étant naturellement d’avoir dans le viseur l’oiseau et son « miroir ». A peine installé, après avoir regarni copieusement en graines la partie mangeoire de la « drink » , déjà les oiseaux espérés arrivent en groupe d’une petite dizaine chassant mésanges et autres sittelles qui se ravitaillaient tranquillement. J’aurais l’occasion de les photographier sous toutes les coutures et assisterais même à quelques violentes prises de becs entre eux. Le ciel gris du jour rendra les couleurs de mes modèles un peu ternes, me laissant un peu sur ma faim. Il va falloir que je refasse une série avec une météo plus favorable !
Le gros bec est aisément reconnaissable à sa grosse tête et à son bec massif qu’on dirait fabriqué en nacre.
Ce bec hors normes pour un oiseau de cette taille, est actionné par des muscles ultra-puissants, qui lui permettent d’exercer une pression de presque 50 kg… Autant dire que peu de noyaux lui résistent, et l’amande qui se trouve
à l’intérieur sera sa récompense gourmande. En dehors de son organe broyeur cet oiseau a bien d’autres particularités encore. Ses couleurs d’abord : son plumage est gris, blanc, noir, bleu, rose et marron (Les teintes seront plus vives chez le mâle), son vol ensuite très rapide et tout en ondulations aisément identifiable et enfin son « chant » qui est un savant mélange de notes aiguës et de sifflements, si ce n’est son cri explosif et retentissant qui bien souvent annonce son arrivée.

Pour vivre heureux, vivons cachés ! Le gros bec applique cette consigne à la lettre la plupart du temps, malheureusement cela ne suffira pas à le protéger totalement et cette espèce a décliné ces dernières années, à cause des dérangements et des changements survenus dans son habitat.

Textes et photographies de Daniel Nussbaum
extraits d’articles d’Instant Nathur du  journal l’Alsace édition Thur / Doller